Foire aux questions

 

L’entreprise

Qui sont les actionnaires d’IFFCO Canada ?

IFFCO (Inde) est l’actionnaire majoritaire d’IFFCO Canada, par l’entremise de sa filiale Kisan International Trading (KIT). Les autres actionnaires sont La Coop fédérée, Investissement Québec et la compagnie Pacific Gateway Energy. Pour en connaître davantage sur les actionnaires, voir À PROPOS / IFFCO Canada / L’entreprise.

Pourquoi IFFCO a-t-elle décidé d’implanter son usine au Québec ?

Le choix du Québec est le résultat d’une analyse d’une quarantaine de sites sur le continent nord-américain. La disponibilité des ressources – le gaz naturel et l’électricité en abondance, à des prix concurrentiels, la proximité des marchés agricoles et l’intérêt d’un actionnaire déjà très impliqué dans la distribution d’engrais au Québec et au Canada (La Coop fédérée) sont les principaux facteurs qui ont milité pour le choix du Québec comme lieu d’implantation d’une usine d’engrais.

Comment IFFCO Canada concrétisera-t-elle ses intentions en matière de développement durable ?

IFFCO Canada veut saisir l’occasion de faire de son usine du Québec un modèle en matière de développement durable dans l’industrie. Cette intention s’incarne dans 10 engagements qui ont fait l’objet d’une résolution du conseil d’administration de l’entreprise. Ces engagements respectent, en outre, les 16 principes définis par la Loi sur le développement durable du Québec. Pour connaître les engagements d’IFFCO Canada en matière de développement durable, voir À PROPOS / IFFCO Canada / Responsabilité sociale et développement durable.

Comment IFFCO Canada conçoit-elle sa technologie de production dans une optique de développement durable ?

Les nouvelles usines comparables à celle d’IFFCO Canada emploient une technologie combinant le gaz naturel et l’électricité à hauteur de 30 mégawatts (MW). On estime leurs émissions à environ 850 000 tonnes de CO2 équivalentes (t/CO2).

Dès la conception de son projet, dans le but de réduire ses émissions directes de GES, IFFCO Canada a examiné un scénario technologique où l’apport de l’électricité passerait de 30 à 48 MW, ramenant ses émissions directes à 678 000 t/CO2, ce qui correspond à une diminution de 20 % par rapport aux usines de taille similaire.

Ce scénario fut présenté sous toute réserve dans l’étude d’impact, puisqu’IFFCO Canada n’avait pas reçu confirmation de la faisabilité technique du procédé, d’une part, ni l’assurance d’obtenir un bloc d’électricité de plus de 50 MW, qui nécessite une approbation de la part du ministère des Ressources naturelles.

Toujours dans le but de réduire davantage ses émissions directes, IFFCO Canada a ensuite examiné un second scénario technologique, à la limite de ce qui serait économiquement et techniquement réalisable (méthode BATEA1). L’apport de l’électricité passerait de 48 à 65 MW, ce qui permettrait de réduire les émissions directes de GES de l’ordre de 15 à 20 % supplémentaire, pour atteindre 575 000 tonnes. Parallèlement, le ministère des Ressources naturelles a garanti à IFFCO Canada la sécurité d’un approvisionnement de 65 MW.

Il s’agit aujourd’hui du scénario confirmé. L’usine d’urée de Bécancour figurera ainsi parmi les plus efficaces au monde sur le plan énergétique.

 


1 Méthode BATEA : Best Available Technology Economically Achievable

Le projet

En quoi consiste le projet d’IFFCO Canada ?

L’usine d’IFFCO Canada à Bécancour représente un investissement de l’ordre de 2 milliards de dollars qui créera entre 1000 et 1500 emplois durant la période de pointe des trois années de construction, puis environ 250 emplois en phase d’exploitation.

Le site d’implantation projeté est situé dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour, sur les terrains anciennement occupés par Norsk Hydro. Le projet n’entraînera donc aucune expropriation.

Pourquoi s’établir à Bécancour ?

La région possède probablement le meilleur site industriel au Québec pour une telle usine grâce à plusieurs facteurs : Bécancour présente une zone industrielle bien conçue, un site avec accès par bateau, train et camion, des infrastructures de qualité, un approvisionnement sécurisé en gaz, en électricité et en eau, une zone tampon adéquate entre les activités industrielles et les résidences privées sans oublier la présence d’une main-d’œuvre qualifiée et disponible.

Quels seront les produits fabriqués par IFFCO Canada ?

L’usine produira de l’urée sous forme granulaire (granules blanches de très petite taille – 2 à 4 millimètres de diamètre), et dans une moindre mesure, de l’urée liquide. L’urée liquide sera destinée au marché du fluide d’échappement diesel (FED), un produit utilisé pour réduire les émissions polluantes des moteurs de véhicules fonctionnant au diesel. Un autre sous-produit, du sulfate d’ammonium, sera également commercialisé comme engrais. Ce sous-produit provient de la valorisation d’un résidu de production.

Qu’est-ce que l’urée ? À quelle fin utilise-t-on ce produit ?

L’urée est un fertilisant minéral très largement utilisé à l’échelle mondiale, en raison de sa grande stabilité, ce qui en facilite la manipulation. Contenant 46 % d’azote, elle fournit aux plantes un élément essentiel à leur croissance. L’urée est aussi utilisée dans le secteur industriel, dans la composition de certaines résines, notamment.

Qu’est-ce que le fluide d’échappement diesel (FED) ? À quelle fin utilise-t-on ce produit ?

Le fluide d’échappement diesel (FED) est une solution composée d’urée et d’eau désionisée. Actuellement, le marché du FED est en pleine croissance, notamment en raison des lois canadiennes et américaines pour un plus strict contrôle des émissions de polluants des moteurs de véhicules diesel. Dans ce contexte, les analystes prévoient que l’Amérique du Nord deviendra le plus grand marché de FED au monde, suivi de l’Europe et du Brésil.

Qu’est-ce que le sulfate d’ammonium ? À quelle fin utilise-t-on ce produit ?

Le sulfate d’ammonium est un fertilisant qui contient 21 % d’azote sous forme d’ammonium et 24 % de soufre sous forme de sulfate. Il est utilisé en mélange avec d’autres engrais minéraux, ce qui permet de limiter l’effet acidifiant de sa haute teneur en soufre. D’ailleurs, les principales cultures utilisatrices de sulfate d’ammonium sont des cultures qui se développent mieux dans les sols plus acides, comme la pomme de terre, la canneberge et le bleuet.

Quel est le procédé de fabrication de l’urée ?

L’urée est un des plus vieux produits industriels. Malgré de remarquables développements, les différentes technologies de production sont toutes des variantes du procédé développé dans les années 1900.

Le procédé requiert l’utilisation d’ammoniac et de dioxyde de carbone sous pression. La production se fait en plusieurs étapes dans deux unités de production : l’unité d’ammoniac et l’unité d’urée.

L’ammoniac est produit dans l’unité d’ammoniac par la réaction de l’azote contenu dans l’air avec l’hydrogène contenu dans le gaz naturel. Cette étape génère du dioxyde de carbone qui est entièrement consommé pour former de l’urée, dans la seconde unité de production. L’urée est ensuite séchée sous forme de granules ou mélangée avec de l’eau pour former de l’urée liquide ou du fluide d’échappement diesel (FED).

À quel marché l’urée de Bécancour sera-t-elle destinée ?

Le projet répond aux besoins des agriculteurs québécois et canadiens qui ont déjà recours au produit, mais qui est actuellement importé de l’Europe du Nord ou du Moyen-Orient principalement. Une fois les marchés québécois et canadiens desservis, IFFCO Canada écoulera sa production aux États-Unis et possiblement sur le marché mondial.

Quelles sont les énergies disponibles pour produire l’urée ?

Les sources d’énergie les plus courantes sont le charbon, le gaz naturel et l’électricité. D’autres sources d’énergie comme le gaz naturel liquéfié, le naphta ou le propane sont utilisées lorsque le gaz naturel n’est pas disponible, mais ces applications sont assez rares en raison de leur coût élevé.

Le gaz naturel est de loin l’énergie la plus utilisée, suivie du charbon. Les usines utilisant le gaz naturel comme matière première ont une empreinte carbone plus faible que celles qui utilisent le charbon.

L’électricité seule ne peut être utilisée pour produire de l’urée. L’électricité par électrolyse de l’eau peut fournir l’hydrogène nécessaire, mais une source de CO2 est encore nécessaire. Même si l’hydrogène par électrolyse progresse, elle n’existe pas comme technologie sûre et éprouvée pour les volumes qui seront traités à l’usine d’IFFCO Canada.

IFFCO Canada s’est engagée à mettre en place un programme de responsabilité sociale d’entreprise (RSE). À quoi peut-on s’attendre à ce sujet ?

Pour IFFCO Canada, la responsabilité sociale d’entreprise (RSE) est plus qu’un concept. C’est une philosophie de gestion qui repose sur des valeurs, des principes et des engagements qui permettent d’orienter les actions en faveur du développement durable.

Dès sa création, IFFCO Canada s’est engagée dans une démarche de responsabilité sociale. C’est dans cet esprit qu’elle a rapidement amorcé un dialogue ouvert avec la communauté d’accueil de ses futures installations, un exercice qui l’a d’ailleurs conduite à apporter des améliorations fondamentales au projet dès la phase de conception. La démarche s’est aussi traduite par l’adoption d’engagements concrets d’IFFCO Canada en faveur du développement durable.

Le dialogue avec les parties prenantes se poursuivra entre autres à travers le Comité mixte municipalité et industries (CMMI) et le Comité consultatif des citoyens du Parc industriel et portuaire de Bécancour (CCC – PIPB) avec lesquels IFFCO Canada entretient déjà des liens.

Les retombées socioéconomiques

Quel est le coût estimé du projet ?

Le projet est estimé à 2 milliards de dollars pour la phase d’implantation. À ces investissements s’ajouteront des dépenses annuelles d’exploitation de l’ordre de 270 millions de dollars. Les différents paliers de gouvernement récolteront aussi d’importants gains issus de la taxation et de l’imposition sur les revenus des particuliers et des sociétés.

Combien d’emplois seront créés ?

De 1000 à 1500 travailleurs seront nécessaires durant la période de pointe de construction de l’usine, laquelle s’échelonnera sur une période de trois ans. Dans sa phase d’exploitation, le projet sera créateur d’environ 250 emplois directs et de quelque 500 emplois indirects.

Quelle sera la part accordée à la main-d’œuvre et à la sous-traitance locale ?

IFFCO Canada croit que son projet générera des opportunités d’affaires pour les travailleurs et les fournisseurs locaux et régionaux, conformément à son neuvième engagement qui stipule que « IFFCO Canada réalisera son projet d’usine, de la construction à la mise en exploitation, de manière à accroître les retombées pour l’économie locale et celle du Québec. »

IFFCO Canada privilégiera l’achat local de produits et de services dans les régions Centre-du-Québec et Mauricie dans la mesure où les soumissionnaires seront compétitifs et qu’ils répondront aux critères de qualité du maître d’œuvre qui sera responsable des travaux si la construction va de l’avant.

IFFCO Canada compte-t-elle former son personnel ?

IFFCO Canada établira un programme de formation de sa main-d’œuvre basé sur un transfert des compétences de travailleurs indiens qualifiés et expérimentés dans l’exploitation de ce type d’usine. Le programme comprendra des stages dans des usines similaires en exploitation ainsi qu’un programme de jumelage pour assurer le transfert progressif d’expertise sur place lors de la mise en exploitation de l’usine. De plus, IFFCO Canada travaillera avec les instituts d’enseignement du Québec et de la région pour assurer le développement d’une main d’œuvre compétente qui répondra aux besoins de la future usine.

La présence d’une usine d’urée au Québec aura-t-elle un impact sur le prix payé par les producteurs agricoles ?

L’urée est un produit de commodité largement utilisé à l’échelle internationale, et son prix s’établit en fonction de l’équilibre entre l’offre et la demande. Il n’est pas anticipé que la présence d’une usine au Québec bouleverse fondamentalement cet équilibre. Notons que quelque 160 millions de tonnes (Mt) d’urée sont produites et utilisées annuellement sur la planète, alors que l’usine d’IFFCO générera entre 1,3 et 1,6 Mt.

Quels seront les avantages de la présence d’IFFCO Canada pour les producteurs agricoles du Québec ?

La présence d’une usine d’urée sur le territoire québécois limite les risques reliés à l’approvisionnement outre-mer, entre autres, ceux découlant du transport maritime. De plus, à titre de partenaire du projet, La Coop fédérée tirera vraisemblablement des bénéfices des opérations de l’usine, ce qui pourrait améliorer sa propre santé financière. La Coop fédérée espère que ce partenariat permettra une augmentation des ristournes versées à ses membres.

La sécurité de l’usine

L’usine d’IFFCO Canada sera-t-elle sécuritaire pour ses employés et ses voisins industriels ?

IFFCO est un constructeur et opérateur expérimenté, compétent, de classe mondiale. Les risques pour la sécurité sont abordés à travers des critères de conception stricts faisant appel aux dernières technologies. L’usine sera dotée de nombreuses couches de dispositifs de sécurité répondant ou dépassant les codes et les règlements de sécurité en vigueur au Québec et au Canada.

L’usine sera également certifiée à la norme OHSAS 18001 (Occupational Health and Safety Assessment Series). Cette norme constitue une référence internationale pour la gestion de la santé et la sécurité au travail. Elle vise à réduire le nombre d’accidents sur les sites de production et à s’assurer que les entreprises se conforment aux lois et règlements en vigueur tout en contribuant à améliorer les performances de l’organisation.

Ajoutons que les employés seront formés pour tous les événements potentiellement dangereux. Ils bénéficieront de tout l’équipement d’intervention nécessaire en cas d’incident et ils seront prêts à intervenir à tout moment. Une brigade d’intervention (premiers répondants) sera en fonction 24 heures sur 24, 365 jours par année.

Y a-t-il un plan d’intervention prévu en cas d’accident industriel ?

Un plan de mesures d’urgence est en effet prévu. Ce plan prendra en considération divers scénarios possibles et sera élaboré avec les intervenants responsables de la sécurité civile sur le territoire de la Ville de Bécancour, regroupés au sein du Comité mixte municipalité industries (CMMI). Le plan d’intervention en situation d’urgence d’IFFCO Canada s’arrimera au plan municipal des mesures d’urgence.

En cas d’événement, IFFCO Canada disposera d’une brigade d’intervention (premiers répondants) disponible 24 heures sur 24. Tous les techniciens d’opération seront membres de cette brigade et recevront une formation adéquate. Ils pourront intervenir rapidement pour minimiser les conséquences d’un accident pour les travailleurs, la population et l’environnement.

IFFCO Canada se qualifiera pour les normes de certification ISO 9001, 14000 et 26000, BNQ 21000 et OHSAS 18001. Que signifient-elles ?

Ce sont des normes de qualité et de sécurité. Elles sont autant d’engagements envers l’excellence et l’amélioration continue qu’IFFCO Canada entend respecter. Elles touchent plusieurs facettes de l’entreprise : la gouvernance, la gestion, la production, l’environnement ainsi que la santé et sécurité.

ISO 9001. C’est l’une des normes de qualité les plus connues au monde. Elle vise à s’assurer que les clients obtiennent des produits et des services uniformes et de qualité. Elle est utilisée dans plus de 170 pays et par plus d’un million d’entreprises et d’organismes.

ISO 14000. Il s’agit d’une norme internationale sur le contrôle et l’amélioration des performances environnementales d’une entreprise. Elle vise une conciliation entre la rentabilité de l’entreprise et la réduction de son impact sur l’environnement.

ISO 26000. Il s’agit d’un cadre de référence qui établit les lignes directrices internationales en matière de responsabilité sociale des organisations. À ce titre, il définit comment les organisations peuvent et doivent contribuer au développement durable. Cela signifie de manière concrète que l’entreprise oriente ses actions de manière éthique et transparente de façon à contribuer au bien-être de la société.

BNQ 21000. Mise en place au Québec, l’approche BNQ 21000 a pour objectif d’encourager et de faciliter la prise en compte et l’application des principes de la Loi sur le développement durable dans la gestion des organisations. C’est un cadre de gestion qui vise les entreprises québécoises et qui est soutenu par le gouvernement du Québec.

OHSAS 18001 (Occupational Health and Safety Assessment Series). Cette norme constitue une référence internationale pour la gestion de la santé et la sécurité au travail. Elle vise à réduire le nombre d’accidents de travail sur les sites de production et à s’assurer que les entreprises se conforment aux lois et règlements en vigueur tout en contribuant à améliorer les performances de l’organisation.

Une explosion chez IFFCO Canada pourrait-elle engendrer un effet domino sur les usines avoisinantes ?

Une explosion à l’usine d’IFFCO Canada ne serait pas de nature à générer un effet domino. Par contre, les bâtiments à proximité pourraient subir des dommages évalués de niveau modérés à faibles (bris de vitres, etc.) selon l’étude d’impact.

Les impacts environnementaux

IFFCO Canada a-t-elle effectué une étude d’impact de la future usine sur l’environnement ?

IFFCO Canada a réalisé une importante étude d’impact. On peut consulter plusieurs documents à ce sujet dont :

La qualité de l’air ambiant sera-t-elle affectée par la présence de l’usine ?

Les contributions d’IFFCO Canada, calculées par modélisation mathématique aux récepteurs sensibles (maisons) et ajoutées aux concentrations initiales dans l’air ambiant pour les différents contaminants d’intérêt, ont été comparées aux normes de qualité de l’air du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère. En considérant les concentrations initiales dans l’air ambiant, le projet n’entraînera pas d’effet négatif sur la santé des populations puisqu’il respectera les normes de qualité de l’air ambiant aux récepteurs sensibles.

Les émissions du granulateur seront traitées par voie humide afin d’en épurer l’urée et l’ammoniac. Le traitement prévu des émissions d’ammoniac surpassera les exigences de base établies par Environnement Canada pour les émissions industrielles du secteur canadien de l’ammoniac. Quant aux poussières émises aux points de transfert ou de manutention de l’urée, elles seront captées par aspiration. Elles seront par la suite traitées dans des systèmes d’épuration.

Qui est responsable de contrôler la qualité des émissions atmosphériques des usines du Parc industriel et portuaire de Bécancour ?

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) réalise des contrôles périodiques. Cela dit, chaque entreprise est responsable d’appliquer un programme de gestion environnementale et de contrôler ses émissions selon les règles en vigueur. Les entreprises sont tenues d’en informer le MDDEFP qui peut mener des contre-vérifications au besoin. Bécancour est dotée d’une station d’échantillonnage de la qualité de l’air ambiant, située près de l’aréna municipal.

Quels seront les risques d’émission de poussières d’urée au quai de chargement des navires ?

Les activités de chargement au quai se feront par un convoyeur complètement fermé. Les poussières d’urée qui pourraient quand même être émises seront captées par un dépoussiéreur.

L’usine dégagera-t-elle de la fumée ?

L’usine dégagera des panaches de vapeur en provenance des tours de refroidissement. Ces panaches seront toujours visibles et, sous certaines conditions climatiques, ils pourraient former du brouillard ou de la glace sur les deux rues adjacentes à l’usine. Aucun impact n’est prévu sur le boulevard Bécancour.

Par ailleurs, sous certaines conditions météorologiques (moins de 3 % du temps), les panaches pourraient atteindre le territoire de la Ville de Bécancour. Aucun brouillard ou glace cependant, car les panaches seront en hauteur.

D’où proviendra l’eau utilisée par l’usine ?

L’eau proviendra de la station de pompage du Parc industriel et portuaire de Bécancour. Celui-ci puise l’eau brute du fleuve Saint-Laurent. L’eau sera utilisée dans l’unité de fabrication d’urée, dans la tour de refroidissement et pour la production de vapeur. Environ 25 % de l’eau utilisée sera rejetée dans le fleuve, après avoir été traitée.

IFFCO Canada va-t-elle traiter l’eau avant de l’utiliser dans ses installations ?

L’eau sera en effet purifiée avant d’être utilisée. Elle servira au refroidissement de divers équipements et à la production de vapeur. Elle sera déminéralisée et traitée avant d’être utilisée aux tours de refroidissement et à la chaudière.

Quel sera le traitement des différents effluents de l’usine ?

Les effluents proviendront des purges de la tour de refroidissement et de l’unité de déminéralisation.

L’unité de déminéralisation a pour fonction d’enlever les minéraux naturellement présents dans l’eau. Ces derniers seront donc concentrés et enlevés par nettoyage de jet d’eau à haute pression. Quant à l’effluent de la purge de la tour de refroidissement, il contiendra des minéraux naturellement présents dans l’eau, car une partie de l’eau s’évapore au contact de l’air dans les tours, ce qui entraîne la concentration des minéraux présents.

Lors de la conception, les cahiers de charge seront définis pour respecter les objectifs environnementaux de rejet (OER) et soumis au MDDEFP, comme requis.

Où les eaux traitées seront-elles rejetées ?

Les eaux traitées seront rejetées par la conduite existante du Parc industriel et portuaire de Bécancour, qui se déverse dans le fleuve Saint-Laurent. Il est important de rappeler que les eaux usées sanitaires ne seront pas mélangées avec les eaux usées industrielles. Elles seront plutôt traitées à la station d’épuration du Parc industriel et portuaire de Bécancour.

Les activités de l’usine affecteront-elles la qualité de l’eau du fleuve ?

L’effluent final de l’usine respectera les objectifs environnementaux de rejet fixés par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) pour protéger la qualité de l’eau et la vie aquatique. Les effluents seront toujours traités avant d’être réutilisés dans le processus de fabrication ou d’être rejetés définitivement dans le fleuve.

Quelle sera la température de l’eau industrielle rejetée dans le fleuve ?

La température de l’eau de l’effluent final variera en fonction de la température ambiante et sera d’environ 5°C au-dessus de la température de l’air extérieur. La température moyenne maximale sera donc de 25°C l’été et de 10°C l’hiver. Considérant la dispersion offerte par le fleuve Saint-Laurent (l’émissaire est à plus de 10 m de profondeur), il y aura un réchauffement de moins de 0,5°C à 300 m du point de rejet. Il n’y aura donc pas de panache thermique.

Ajoutons que l’exploitation de l’usine d’IFFCO Canada ne risque pas de créer des algues à la sortie de l’émissaire ou d’engendrer des conditions propices à l’établissement d’espèces exotiques envahissantes. Les concentrations en azote, de même que tous les autres contaminants potentiels, respecteront les objectifs environnementaux de rejets fixés pour protéger la vie aquatique.

Quelles seront les sources de bruit ?

Les sources de bruit fixes correspondront aux équipements mécaniques d’une usine située en milieu industriel. Il s’agira, entre autres, des compresseurs, des pompes, des tours de refroidissement, des transformateurs ainsi que des prises d’air des ventilateurs.

Du bruit sera également généré par des sources mobiles associées au transport de l’urée. Il s’agira notamment des moteurs de locomotives et d’autres équipements ferroviaires. Au quai, les sources de bruit seront principalement associées au dépoussiéreur localisé sur le chargeur de navire.

Quel sera l’impact sonore de l’usine sur le milieu environnant ?

L’étude d’impact démontre clairement que le bruit sera négligeable pour l’ensemble de la zone d’étude et que les activités de l’usine n’engendreront pas non plus d’augmentation significative du bruit sur la rive nord du fleuve. Cependant, les mesures prises à une résidence isolée à proximité du site affichent une augmentation potentielle du bruit équivalant à 5 décibels, ce qui pourrait être perceptible.

L’usine dégagera-t-elle des odeurs ?

Il n’y aura pas d’odeurs perceptibles. L’ammoniac présente une signature olfactive distinctive; toutefois, les émissions d’ammoniac issues du granulateur seront traitées par voie humide. Les concentrations résiduelles dans l’air ambiant seront ainsi bien en deçà des seuils de perception d’odeur et respecteront ainsi les normes du règlement sur l’assainissement de l’atmosphère.

L’usine sera-t-elle construite en milieu humide ou en plaine inondable ?

Bien qu’IFFCO Canada se retrouve dans un parc industriel conçu pour l’industrie lourde, une petite partie de l’emplacement de l’usine sera située en zone inondable. C’est le cas notamment des piliers du convoyeur. Toutefois, ceci ne constitue pas un danger ou un risque pour l’environnement. IFFCO Canada s’est engagée à compenser les zones touchées par le projet.

Plus globalement, l’impact sur les milieux humides n’affectera pas l’intégrité des grands complexes de milieux humides environnants et les perturbations temporaires durant la construction seront accompagnées de mesures d’atténuation.

Rappelons qu’IFFCO Canada avait choisi un premier site comprenant davantage de milieux humides que le site actuel. C’est à la suite des premières consultations avec le milieu que l’entreprise a choisi le site actuel – l’ancien terrain de Norsk Hydro, un site déjà déboisé, plus loin des résidences et comprenant effectivement moins de milieux humides.

Quelles mesures IFFCO Canada adoptera-t-elle pour atténuer l’impact de la construction sur les milieux humides ?

IFFCO Canada a prévu une série de mesures d’atténuation.

  • Dans la mesure du possible, réaliser les travaux en période de basses eaux et éviter les périodes de crues printanières ou de fortes précipitations.
  • Pour les milieux humides isolés sur le site du projet (perte permanente), si le remblayage doit avoir lieu en présence d’eau, appliquer des mesures spécifiques pour les travaux en eau.
  • Délimiter physiquement les surfaces à déboiser afin d’éviter tout déboisement non requis.
  • Protéger les arbres et la végétation aux limites des zones de déboisement.
  • Conserver un maximum de végétation herbacée et arbustive le long du convoyeur.
  • Limiter la circulation de la machinerie aux aires des travaux.
  • Conserver les conditions de drainage dans les milieux humides non affectés.
  • Restaurer les conditions de drainage de surface, lorsque possibles.
  • Revégétaliser les aires temporairement perturbées à la fin des travaux à l’aide de mélanges spécifiques adaptés aux conditions géoclimatiques, exemptes d’espèces envahissantes, qui favoriseront un retour plus rapide du couvert végétal.

L’usine respectera-t-elle la règlementation des milieux humides ?

IFFCO Canada se conformera à la règlementation sur les milieux humides qui prévoit des mesures d’atténuation et un plan de compensation.

Quel sera l’impact visuel de l’usine ?

L’impact visuel sera limité étant donné que l’usine s’insère dans un paysage industriel. De plus, la présence de zones boisées autour de l’usine limitera la visibilité des installations. Seules les parties supérieures de certaines structures de l’usine seront visibles de l’autoroute 30 et du chemin Louis-Riel, notamment la torchère principale. La visibilité de l’usine à partir de la rive nord sera limitée, compte tenu de la distance de quelques kilomètres. De plus, des aménagements paysagers seront créés afin d’améliorer l’aspect visuel du complexe industriel.

La visibilité de l’usine depuis la rive nord affectera-t-elle le paysage ?

Les bâtiments les plus hauts seront visibles. C’est le cas des torchères, par exemple, mais leur hauteur est règlementée pour des raisons de sécurité. Quant à l’éclairage nocturne, des complexes industriels comme celui d’IFFCO Canada doivent maintenir un degré de luminosité à des fins de sécurité (l’usine fonctionnera jour et nuit) et en conformité aux règlements en vigueur dans ce type d’industrie. Par ailleurs, IFFCO Canada s’est engagée à prévoir des mesures d’atténuation quant à l’impact lumineux de l’usine dès la phase des plans et devis d’éclairage.

Quels seront les impacts sur le transport routier ?

Avec un impact moyen pendant la construction et faible en phase d’exploitation, la présence d’IFFCO Canada ne nuira pas à la circulation dans la région.

Un impact moyen pendant la construction

On prévoit une augmentation de 800 à 1 500 véhicules légers/jour (1 600 à 3 000 passages) pendant deux des trois années nécessaires à la construction et de 80 à 150 camions/jour (160 à 300 passages) sur une période concurrente de 10 mois. Compte tenu du retrait de près de 1 000 voitures par jour (2 000 passages) des employés de la centrale nucléaire Gentilly 2, l’augmentation nette représentera environ 500 véhicules légers/jour ou 1 000 passages supplémentaires par jour.

Un faible impact en phase d’exploitation

Compte tenu de la fermeture de Gentilly, le réseau routier verra une augmentation journalière d’environ 250 à 300 véhicules légers et de 70 à 120 camions. En comparaison, pendant l’activité de Gentilly, le débit de circulation journalier moyen annuel était de 5 600 à 8 500 véhicules et 557 camions sur le tronçon de l’autoroute 30 (MTQ, 2010).

Quels seront les impacts sur le transport ferroviaire ?

La présence d’IFFCO Canada aura un impact négligeable sur le trafic ferroviaire à l’intérieur du Parc industriel et portuaire de Bécancour. De 20 à 50 wagons seront ajoutés au convoi journalier actuel ou ils seront répartis les jours suivants. Les temps d’attente aux passages à niveau seront légèrement augmentés, sinon un deuxième convoi journalier sera nécessaire.

Quels seront les impacts sur le transport maritime ?

La présence d’IFFCO Canada n’aura aucun impact significatif sur l’achalandage du quai, sur la circulation des bateaux dans le fleuve et sur les activités de pêche. Les installations de chargement ne représenteront pas un encombrement important au quai et ne limiteront pas l’utilisation du quai pour les autres usagers. Entre 2007 et 2011, le port de Bécancour a reçu entre 130 et 182 bateaux par année. L’ajout de 1 à 3 bateaux par mois (ou tout au plus 36 bateaux par année) est de l’ordre de grandeur des fluctuations annuelles. Le chargement d’un bateau durera environ deux jours. Cet arrivage supplémentaire aura toutefois un effet positif sur les activités portuaires.

Les risques

Pourquoi faire une étude de risque ?

Parce que le risque zéro n’existe pas. Reconnaître qu’il y a des risques permet de s’y préparer par des programmes de prévention, de gestion des risques et d’intervention, avec des plans de mesures d’urgence efficaces et bien rodées. IFFCO Canada sera bien outillée pour prévenir les risques, les confiner et les contrôler par des mesures éprouvées.

L’étude d’impact parle de « risques technologiques » : qu’est-ce que c’est ?

Les risques technologiques constituent les éléments de danger qui seront présents lors de l’exploitation de l’usine. L’évaluation des risques technologiques est à la base d’un programme de gestion des risques. Elle reconnaît les éléments de danger et évalue les conséquences potentielles d’un accident, ce qui permet de concevoir des mécanismes de prévention, et ce, dès l’étape de conception. La connaissance des risques technologiques implique trois niveaux d’action : on prévient d’abord le risque, on le gère au quotidien puis on se prépare à intervenir efficacement lorsqu’un incident se produit.

Les risques technologiques associés à la future usine sont de deux ordres :

  1. une explosion ou un incendie alimenté par le gaz naturel ou l’hydrogène;
  2. une fuite d’ammoniac.

Quels sont les risques d’incendie ou d’explosion ?

Risque d’incendie ou d’explosion – gaz naturel et hydrogène

L’approvisionnement en gaz naturel se fera par le pipeline déjà en place. Il n’y aura ni transport ni entreposage de gaz naturel à l’usine. Même chose pour l’hydrogène : il n’y aura aucun approvisionnement ou entreposage sur le site, puisque l’hydrogène sera généré et consommé sur place. Ces mesures limitent considérablement le risque d’incendie ou d’explosion.

Risque de fuite – Ammoniac

L’ammoniac sera produit sur place dans la première unité de production et sera entièrement utilisé dans la seconde unité pour produire l’urée. Les risques associés au transport n’existent donc pas puisque l’ammoniac cheminera dans des conduites fermées dans l’usine.

De plus, le risque potentiel d’explosion impliquant l’ammoniac est très limité. Le risque provient surtout de la toxicité du produit qui se manifeste en cas de fuite. C’est pourquoi les mesures mises en place visent surtout à prévenir et gérer les fuites.

Advenant une explosion ou un incendie, les populations de Bécancour, de Champlain et de Trois-Rivières seraient-elles affectées ?

L’étude de risque démontre que les répercussions d’une explosion ou d’un incendie à la future usine se limiteraient essentiellement au site et aux industries voisines du Parc industriel et portuaire de Bécancour. Ainsi, de tels événements n’auraient pas de conséquences pour les populations environnantes.

Qu’est-ce que l’ammoniac, quels sont ses effets pour la santé humaine ?

L’ammoniac est un composé chimique produit industriellement et très utilisé dans plusieurs milieux, notamment dans les équipements de réfrigération.

L’ammoniac est un produit toxique. Il est incolore et peu inflammable. Son odeur âcre et irritante constitue un bon avertissement de sa présence. Il irrite les yeux, le nez, la gorge et les poumons. Les symptômes s’accompagnent de larmoiements, d’écoulement du nez, de toux et d’une sensation de brûlure à l’estomac.

En cas d’incident, la principale mesure consiste à s’éloigner de la source de la fuite et de son panache et à demeurer à l’abri jusqu’à ce que les émanations toxiques soient dispersées.

Quel est le risque d’une fuite d’ammoniac et quelles sont les mesures qu’IFFCO Canada prendra pour l’éviter ?

La fuite d’ammoniac est un risque à faible probabilité. Malgré la faible probabilité d’une fuite d’ammoniac, 1 sur 100 000 selon l’étude d’impact2, IFFCO Canada met tout en œuvre pour éviter un tel événement tout en planifiant les mesures d’urgence nécessaires au cas où il surviendrait.

Dans le cas d’une fuite d’ammoniac, ce qu’il faut retenir, c’est que plus on s’éloigne de la source de la fuite et de son panache, plus on réduit le risque d’intoxication.

En cas de fuite, la plus forte zone d’impact serait donc l’enceinte de l’usine elle-même et, dépendamment de l’envergure de la fuite, possiblement les installations industrielles limitrophes. C’est pourquoi tous les travailleurs d’IFFCO Canada seront formés, outillés et protégés adéquatement pour agir rapidement afin de colmater les éventuelles fuites. Les industries voisines seront aussi bien au fait des mesures d’urgence à appliquer via le Comité mixte municipalité industries (CMMI), ce qui réduira considérablement le risque pour les travailleurs de ces usines.

Il en est de même du rayon délimitant la zone potentiellement touchée dans l’étude de risque. Bien que le scénario d’étude présente un rayon d’impact de 5 km, seulement une partie de ce rayon pourrait être affectée dans l’éventualité d’un accident, selon l’influence des vents et la dispersion du panache toxique. Toutefois, par précaution, les mesures d’intervention d’urgence seront prévues pour couvrir toute la zone d’impact potentielle évaluée dans l’étude de risque.

Plusieurs niveaux de sécurité sont prévus pour éviter une fuite d’ammoniac :

    • L’ammoniac sera produit, stocké à l’usine et entièrement utilisé pour la production d’urée. Il ne sera donc ni vendu ni transporté à l’extérieur du site.
    • La réserve d’ammoniac sera maintenue au minimum et entreposée sous forme liquéfiée dans deux réservoirs distincts d’une capacité respective de 10 000 tonnes.
    • Durant les opérations normales, chaque réservoir contiendra de 2 000 à 3 000 tonnes d’ammoniac. Cette quantité pourra toutefois atteindre 8 000 tonnes si la production est arrêtée ou si le réservoir doit être inspecté, ce qui explique le caractère surdimensionné de chaque réservoir.
    • Les réservoirs d’ammoniac seront construits « à intégrité totale », c’est-à-dire qu’un premier réservoir sera contenu à l’intérieur d’un second capable de retenir toute la matière du premier.
    • Sur le site, chaque réservoir sera érigé à l’intérieur d’une cuvette de rétention pouvant recevoir 110 % du contenu maximal d’un réservoir.
    • L’usine sera munie de systèmes d’alarme et de redondance des systèmes critiques de mesures et de contrôles. Par redondance, on entend que les équipements évalués critiques seront en double, le second équipement toujours prêt à agir en cas de défaillance du premier.
    • Des torchères seront installées sur le site pour l’évacuation sécuritaire des gaz.
    • IFFCO Canada disposera d’une brigade d’intervention sur le site de l’usine, en devoir 24 heures par jour, 365 jours par année. Ces intervenants seront formés et entraînés pour agir promptement en cas de fuite et ainsi limiter l’impact d’une fuite.
    • La brigade d’intervention d’IFFCO Canada travaillera de concert avec les autres usines du Parc industriel et portuaire de Bécancour ainsi qu’avec le CMMI régional pour concevoir, gérer et appliquer les divers plans de mesures d’urgence.

2 Taux de défaillance utilisée pour les réservoirs d’ammoniac, p. 8-37 de l’étude d’impact.

Quelle serait la zone d’impact d’une fuite d’ammoniac ?

Normalement, les vents dominants sont dans l’axe du fleuve, ce qui diminue la probabilité  que les populations environnantes soient affectées. Toutefois, lorsqu’on planifie les mesures d’urgence, on ne tient pas compte de cette réalité. Dans le cas d’IFFCO Canada, les mesures ont été planifiées sur un « rayon de conséquence » possible de 5 km autour de l’usine.

Ce rayon de conséquence délimite théoriquement une zone dans laquelle les personnes seraient exposées pendant une heure. Comme l’odeur de l’ammoniac est âcre et que les premiers effets sont de se protéger les voies respiratoires, il est très peu probable que des personnes restent pendant une heure sous le panache sans équipement de protection ou sans prendre les moyens de se mettre à l’abri. Or, la « mise à l’abri », portes et fenêtres bien fermées, est la principale mesure pour se prémunir des effets d’un nuage toxique. Il faut aussi se rappeler que plus on est loin du point d’impact, moins la conséquence est importante.

Quelle est la distance réglementaire entre une telle usine et les zones habitées ?

L’usine est isolée des habitations par une zone tampon qui va au-delà de la distance minimale prescrite par le code de pratique de l’industrie. En effet, le Conseil de la sécurité en fertilisation de l’Institut canadien des engrais prescrit une distance minimale de 500 mètres entre l’usine et une résidence isolée. L’usine d’IFFCO Canada sera à 1,6 km de la plus proche résidence. Il prescrit également une distance minimale de 1,5 km de toute agglomération urbaine ou milieu sensible (école, hôpital, etc.). L’usine d’IFFCO Canada sera à plus de 3,6 km du centre de Bécancour.

La future usine IFFCO Canada disposera donc d’une zone tampon importante qui permettra de réduire l’impact d’un éventuel accident industriel sur le milieu environnant. La présence de cette zone tampon déjà en place a joué un rôle déterminant dans la décision d’IFFCO Canada de s’implanter dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour.

Quelles seront les matières dangereuses manipulées dans les installations ?

Les cinq principales matières considérées dangereuses qui seront présentes sur le site sont le gaz naturel, l’hydrogène, l’ammoniac, la soude caustique et l’acide sulfurique. Différentes lois et règlements encadrent le transport, l’entreposage et la manipulation des matières dangereuses. Celles-ci sont également assujetties à des codes de pratique rigoureux requérant des formations spécifiques pour le personnel appelé à être en contact avec ces matières.

Est-ce que l’urée est un produit dangereux ou explosif ?

La règlementation en matière de transport au Canada ne considère pas l’urée comme un produit dangereux. L’urée granulaire est stable dans des conditions normales, mais peut produire des vapeurs d’ammoniac lorsqu’elle est chauffée à haute température. Elle n’est pas inflammable et ne présente pas de propriétés explosives. Elle peut cependant devenir combustible à haute température. L’urée granulaire présente plutôt un risque pour les travailleurs en cas d’inhalation de poussière lors de sa fabrication. Des mesures seront prises pour éviter ce risque.

L’usine comporte-t-elle des risques pour la santé de la population ?

L’usine projetée ne présente pas de risques pour la santé des populations. Elle sera située dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour. Ses émissions respecteront toutes les normes et les critères de qualité de l’air du Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs.

Par ailleurs, un scénario d’accident impliquant de l’ammoniac pourrait avoir des conséquences, d’abord pour les employés de l’usine, puis pour la population, selon le type de fuite et la direction des vents. Les effets potentiels pourraient occasionner une irritation des yeux et des voies respiratoires, des larmoiements, un écoulement du nez, une toux et une sensation de brûlure à l’estomac.

L’étude de risque délimite théoriquement une zone d’impact dans laquelle une personne serait exposée pendant une heure. Cette zone correspond à un « rayon de conséquence » de 5 km autour de l’usine. C’est un scénario peu probable, mais il permet de planifier adéquatement les mesures d’urgence, sans compter les mesures immédiates qui seront prises par la brigade IFFCO Canada de concert avec le CMMI.

Quel serait l’impact d’une inondation majeure ? Y a-t-il risque de contamination du fleuve ?

Pour le convoyeur, seuls les piliers seront exposés aux inondations printanières. Le convoyeur sera complètement étanche, dans une galerie fermée et à plus de 7 m du niveau du sol. Une inondation majeure n’aurait pas d’impact sur le convoyeur.

Pour le site de l’usine, selon les derniers relevés de la MRC, seule une section située au nord-ouest du site se trouverait en zone de grand courant. Des mesures d’immunisation seront mises en œuvre pour s’assurer que les installations soient à l’extérieur de la zone 1 : 100 ans (1 chance sur 100 de se produire chaque année).

Ainsi, les réservoirs d’ammoniac et le bassin de traitement d’eau seront entourés de structures permettant d’éviter une crue 1 : 100 ans. En fait, tout le site du projet sera à l’extérieur de la zone 1 : 100. Le risque de contamination du fleuve, quant à lui, serait mineur puisque les eaux de pluie susceptibles d’être contaminées par l’exploitation des activités seront acheminées vers l’unité de traitement des eaux pour traitement avant rejet au fleuve.

Si un navire s’échouait et perdait sa cargaison d’urée, que se passerait-il ?

Précisons d’abord que la circulation du fleuve est très règlementée. Tous les navires, sans exception, sont obligatoirement guidés par les pilotes brevetés du Saint-Laurent et la possibilité d’échouage avec bris de coque est très faible.

Faisons tout de même l’hypothèse en précisant, d’entrée de jeu, que l’urée n’est pas classée comme matière dangereuse dans le Règlement sur le transport des marchandises dangereuses. Le produit présente donc un risque faible en cas d’accident.

L’urée se dissout lentement dans l’eau. C’est dire que les dommages à l’environnement et à la vie aquatique se limiteraient à la zone immédiate du déversement, en raison notamment de la réduction de la concentration en oxygène disponible à la faune aquatique. Puis, progressivement, l’urée se dissoudrait dans le fleuve jusqu’à disparaître complètement.

En cas de déversement en milieu aquatique, diverses mesures pourraient être mises en œuvre : ramassage mécanique ou par pompage, isolement de la zone affectée et surveillance de la qualité de l’eau.

Pourrait-on connaître un accident ferroviaire comme celui de Lac-Mégantic ?

Un accident similaire ne pourrait pas se produire. La présence de l’usine d’IFFCO Canada n’occasionnera pas de transport de pétrole par train. Quant au gaz, il sera acheminé à l’usine par un réseau de pipelines déjà existant. Si une explosion devait survenir, l’impact se limiterait à l’enceinte de l’usine.

Il y aura des wagons d’urée qui circuleront, mais l’urée n’est pas classée comme un produit dangereux. En cas d’un déversement en milieu terrestre, l’urée pourrait être facilement récupérée et les sols nettoyés. En cas de déversement en milieu aquatique, diverses mesures pourraient être mises en œuvre : ramassage mécanique ou par pompage, isolement de la zone affectée, surveillance de l’acidité de l’eau et, au besoin, utilisation d’un produit neutralisant.

L’accident ferroviaire est toujours possible, mais le transporteur qui assurera la manutention de l’urée d’IFFCO Canada est bien connu (CN) et réputé pour la qualité de ses équipements et la sécurité de ses opérations.

IFFCO Canada pourrait-elle connaître un accident comparable à celui survenu le 17 avril 2013 à West au Texas ?

Aucunement. L’accident du Texas impliquait du nitrate d’ammonium, une substance qui ne sera pas utilisée chez IFFCO Canada. Soulignons qu’il n’y a aucun lien d’affaires entre l’usine de West au Texas et IFFCO ou encore IFFCO Canada et ses partenaires.

Le gaz naturel

D’où proviendra le gaz naturel utilisé par IFFCO Canada ?

IFFCO Canada assurera son approvisionnement en gaz naturel grâce à des contrats d’achat à long terme avec des fournisseurs privés. Le gaz naturel pourrait provenir éventuellement du carrefour de Dawn, qui dessert déjà l’Est du Québec via un réseau de gazoducs en provenance de l’Ouest canadien et des États-Unis, ou tout autre carrefour ayant la capacité suffisante pour approvisionner l’usine. Le transport par pipeline sera assuré à long terme par une compagnie de transport de gaz naturel, qui s’assurera de l’interconnexion avec le réseau de Gaz Métro.

L’avènement d’une usine grande consommatrice de gaz naturel pourrait-il contribuer au développement du gaz de schiste ?

Le projet d’IFFCO Canada n’a aucun lien avec le développement de l’industrie des gaz de schiste au Québec.  D’ailleurs, l’entreprise a décidé de réaliser son projet au Québec malgré le moratoire de facto qui existe sur l’exploitation du gaz de schiste.

Le gaz fourni à IFFCO Canada sera le même que celui mis à la disposition de l’ensemble des consommateurs du Québec – entreprises et particuliers confondus. Gaz Metro distribue du gaz en provenance de différents endroits d’Amérique du Nord. La molécule est la même, qu’il s’agisse de gaz naturel ou de gaz de schiste. Il est impossible de distinguer l’origine ou la nature du gaz une fois qu’il circule dans les réseaux de distribution.

L’importante consommation de gaz par IFFCO Canada risque-t-elle d’entraîner la construction de nouvelles infrastructures ?

L’usine nécessitera un poste de mesurage avec raccordement au réseau de Gaz Métro. C’est dire que le projet n’entraînera pas la construction d’une nouvelle station de compression, d’un nouveau gazoduc ou encore l’ajout d’une conduite sous le fleuve.

Y a-t-il un moyen pour récupérer le CO2 et de le valoriser à des fins économiques et environnementales ?

Actuellement, il existe des technologies qui permettent de récupérer le CO2, mais l’enjeu consiste à trouver un usage à ce gaz récupéré. C’est un enjeu auquel IFFCO Canada s’intéresse. Il est possible que l’usine permette éventuellement de générer des synergies à cet effet.

Les gaz à effet de serre (GES)

Quelle quantité de GES l’usine dégagera-t-elle ?

L’usine de Bécancour sera parmi les plus performantes de son industrie en termes d’efficacité énergétique et d’empreinte carbone. Elle produira au minimum 30 % de moins de GES que les nouvelles usines comparables qui seront construites en Amérique du Nord.

IFFCO Canada disposera d’un avantage concurrentiel et écologique, celui d’utiliser l’électricité pour substituer le gaz naturel à la limite de ce qui est techniquement et économiquement réalisable. Selon les estimations, en utilisant 65 MW d’électricité plutôt que 30 MW (utilisation moyenne pour les nouvelles usines comparables), IFFCO Canada réduira du tiers (32 %) son empreinte carbone (575 000 plutôt que 850 000 tonnes de CO2).

Les émissions de GES de l’usine d’IFFCO Canada respecteront-elles les normes en vigueur ?

Il n’existe pas de norme pour les émissions de CO2, car il ne s’agit pas d’un polluant comme tel. Les émissions de CO2 et les GES concernent une problématique mondiale, celle du réchauffement climatique, et elles ne peuvent être associées à une région en particulier.

Il existe au Québec un cadre réglementaire – le Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission (SPEDE), qui permet de gérer l’ensemble des émissions du secteur industriel de façon cohérente, incluant la venue de nouveaux émetteurs.

Lorsqu’un émetteur excède 25 000 tonnes de CO2 par année, il est soumis au SPEDE qui lui impose un niveau d’émission. Si l’émetteur n’est pas en mesure de respecter ce niveau, il doit acheter des crédits d’émissions. S’il réussit à mieux performer, il peut vendre une partie de ses droits d’émission. Une « bourse du carbone » a donc été créée pour permettre aux participants d’acheter ou de vendre des « crédits carbone ». La règlementation est effective depuis janvier 2013.

En quoi l’usine d’IFFCO Canada fera-t-elle mieux que les autres usines de production d’urée dans le monde en matière de GES ?

IFFCO Canada estime que les nouvelles usines comparables à celle de Bécancour utilisent environ 30 MW d’électricité et produisent annuellement quelque 850 000 tonnes de CO2.

L’usine d’IFFCO Canada utilisera davantage d’électricité – 65 MW, ce qui permet d’estimer des émissions annuelles de GES de l’ordre de 575 000 tonnes environ, donc 30 % de moins.

Pourquoi IFFCO Canada affirme-t-elle que le Québec est l’un des meilleurs endroits au monde pour réduire l’empreinte carbone de l’industrie ?

Une analyse de cycle de vie comparative permet d’estimer à environ 30 % la réduction d’émissions de GES réalisée grâce au projet d’IFFCO Canada, comparativement au statu quo, c’est-à-dire continuer à importer l’urée plutôt que de la produire au Québec. Ce constat s’impose par la concomitance de trois facteurs :

  1. En faisant davantage appel à l’énergie électrique pour produire l’urée, IFFCO Canada utilisera moins de gaz naturel, donc moins d’émissions de GES.
  2. L’électricité produite au Québec génère moins de GES que l’électricité produite par d’autres formes d’énergie puisqu’il s’agit d’hydroélectricité, d’où une deuxième économie de GES.
  3. L’usine de Bécancour sera beaucoup plus proche de ses marchés que les régions d’où provient actuellement l’urée (le Moyen-Orient, l’Europe de l’Est), ce qui réduira l’empreinte carbonique reliée au transport.

Cette étude, commandée par IFFCO Canada, a été effectuée par Ernst & Young (E&Y) et validée par le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie, des produits, procédés et services (CIRAIG) de Polytechnique Montréal. Le CIRAIG regroupe des scientifiques reconnus à l’échelle mondiale.

Nous pouvons dès lors affirmer que le Québec est l’un des meilleurs endroits au monde pour réduire l’empreinte carbone de l’industrie, sachant que de nouvelles installations devront être construites un peu partout sur la planète pour répondre à la demande toujours croissante d’urée. C’est pour cette raison qu’IFFCO Canada prétend « bâtir le modèle de demain ».

Pour consulter l’étude : DOCUMENTATION / Rapports / Études / Documents déposés au BAPE

Quels sont les engagements d’IFFCO Canada pour réduire son empreinte carbone ?

IFFCO Canada élaborera un plan pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) :

  • en choisissant la meilleure technologie disponible et économiquement réalisable (BATEA3) pour optimiser l’usage de l’hydroélectricité;
  • en évaluant et en appliquant une technologie BATEA qui minimise les émissions de CO2;
  • en explorant des partenariats qui valorisent le CO2 et soutiennent le développement de ce secteur émergent.

IFFCO Canada travaillera de concert avec l’industrie et la communauté scientifique afin d’explorer des technologies innovantes pour optimiser l’utilisation du gaz naturel dans la production de l’urée.


3 Méthode BATEA : Best Available Technology Economically Achievable

IFFCO Canada participera-t-elle au système de plafonnement et d’échange des droits d’émission de gaz à effet de serre (SPEDE) ?

Comme tout grand émetteur, IFFCO Canada se soumettra au SPEDE. Ainsi, l’entreprise devra acheter des droits d’émission ou réduire son empreinte carbone. Le système actuel s’applique de 2013 jusqu’en 2020  IFFCO Canada serait assujettie pour les années 2019 et 2020 puisque la première année complète de production est prévue en 2018.

IFFCO Canada a-t-elle fait le bilan carbone de son usine ?

Une analyse de cycle de vie comparative réalisée par E&Y permet d’estimer à environ 30 % la réduction d’émissions de GES réalisée grâce au projet d’IFFCO Canada, comparativement au statu quo, c’est-à-dire continuer à importer l’urée plutôt que de la produire au Québec. Cette étude a été validée par le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie, des produits, procédés et services (CIRAIG) de Polytechnique Montréal.

Pour consulter l’étude : DOCUMENTATION / Rapports / Études / Documents déposés au BAPE

Les engrais

La production locale d’urée pourrait-elle entraîner une surutilisation d’engrais par les agriculteurs québécois ?

La production locale n’aura pas d’impact sur la consommation d’urée par les producteurs agricoles québécois, car c’est avant tout l’encadrement réglementaire et les besoins de la plante qui dictent l’utilisation de l’urée. Le produit et les quantités demeureront les mêmes, seule la provenance du produit changera. L’urée est le principal engrais utilisé par les agriculteurs du Québec.

Ajoutons que les agriculteurs doivent disposer d’un Plan agro-environnemental de fertilisation (PAEF), lequel fixe les quantités de fertilisants à utiliser en fonction des analyses de sols et des besoins de chaque culture. Les agriculteurs n’ont aucun intérêt à utiliser plus d’engrais que nécessaire, car la plante ne peut l’absorber et ce gaspillage se traduit finalement par une perte financière.

L’utilisation de fertilisants minéraux est-elle susceptible d’avoir des impacts sur l’environnement ?

Utilisé de façon irresponsable et contraire aux lignes directrices existantes, tout fertilisant, qu’il soit organique (fumier, lisier, compost) ou minéral (comme l’urée), est susceptible d’entraîner des impacts sur l’environnement.

C’est pour tirer le meilleur parti des fertilisants disponibles et limiter leur emploi en général que les producteurs adoptent l’approche de « la bonne dose au bon endroit ». L’obligation de se doter d’un Plan agro-environnemental de fertilisation (PAEF) permet d’optimiser l’usage des engrais en suivant les recommandations d’un agronome. Ce dernier, membre de l’Ordre des agronomes du Québec, lui-même régi par le Code des professions, a le devoir d’assurer une saine approche de fertilisation lorsqu’il produit un PAEF.

En quoi les engrais sont-ils indispensables pour assurer la sécurité alimentaire dans le monde ?

Selon les grandes firmes indépendantes spécialistes du marché, la demande pour l’urée augmente de 3 à 4 % par année et cette tendance est appelée à se maintenir. En effet, selon la Food and Agriculture Organization (FAO), l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’amélioration du rendement des terres agricoles représente le principal levier pour augmenter la production céréalière de 70 % d’ici 2050, année où la population mondiale atteindra 9 milliards d’humains.

Les engrais jouent un rôle clé dans la production des cultures, tant sur le plan de la qualité que de la quantité. L’augmentation de la production d’urée, l’engrais le plus utilisé au monde, sera ainsi nécessaire afin de combler la demande future en produits agricoles.

Comment IFFCO Canada compte-t-elle assumer sa responsabilité sociale face à l’utilisation responsable de fertilisants ?

Le Québec importe actuellement la totalité de ses besoins en fertilisants minéraux. Le projet d’IFFCO Canada vise à produire localement un intrant déjà largement utilisé et à en exporter les surplus. L’utilisation des fertilisants est encadrée par le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), lui-même découlant de la Loi sur la qualité de l’environnement.

La Coop fédérée, par son lien d’investisseur et de distributeur exclusif au Canada et dans une partie des États-Unis, jouera un rôle important dans l’utilisation responsable des fertilisants. L’organisation souscrit entièrement à l’approche des 4R (the right source of plant nutrients at the right rate, at the right time and in the right place) et accompagne depuis près de 15 ans les producteurs agricoles dans la conformité règlementaire, grâce à des recommandations de fertilisation professionnelles et responsables.

Environ 3 500 plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF) sont actuellement réalisés par les services d’agroenvironnement des coopératives du réseau de La Coop fédérée. Celles-ci assurent également la formation et la sensibilisation de leurs membres producteurs.

Quels seront les impacts environnementaux du projet d’IFFCO Canada pour les agriculteurs voisins qui s’adonnent à l’agriculture biologique ?

La zone d’étude d’impact couvre 7 km autour de l’usine. L’étude démontre qu’il n’y aura pas d’impact sur les terres agricoles. Les fermes les plus proches se trouvent à plus de 2 km de l’usine. L’urée étant un fertilisant, l’impact serait marginal. Les taux de déposition sont très faibles. La ferme biologique la plus près se trouve à 8,5 km à l’est.

Enquête et audiences publiques du BAPE

En quoi consistait le processus d’enquête et d’audiences publiques du BAPE?

Le processus d’enquête et d’audiences publiques du BAPE a été initié en juin 2013 à la demande du ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. IFFCO Canada a, entre autres, soumis elle-même une requête en audiences publiques auprès du ministre. En effet, la tenue d’audiences publiques, par une instance neutre et indépendante, s’inscrivait dans la continuité de la démarche de dialogue ouvert avec la communauté d’accueil que l’entreprise avait amorcée dès le début du processus d’évaluation environnementale de son projet. Une séance d’information, organisée par le BAPE, a eu lieu le 9 juillet 2013. Environ 120 personnes sont venues s’informer sur le projet et ont pu obtenir des réponses à leurs questions auprès des membres de l’équipe d’IFFCO Canada qui étaient sur place.

La première partie des audiences publiques visant l’information sur le projet s’est ensuite déroulée les 3 et 4 septembre 2013. Présidée par M. Pierre André, la commission d’enquête a tenu trois séances publiques où plusieurs personnes-ressources de différents ministères ainsi que les représentants d’IFFCO Canada ont répondu aux questions du public et de la commission.

La seconde partie des audiences, qui vise l’expression des opinions du public sur le projet, s’est tenue les 1er et 2 octobre 2013. Des 23 mémoires déposés à la commission d’enquête, 17 mémoires et 2 opinions verbales ont été présentés devant la commission lors de ces deux journées d’audiences publiques.

La commission a, par la suite, poursuivi son travail d’analyse et d’enquête qui s’est conclu par le dépôt du rapport auprès du ministre du MDDEFP le 20 décembre 2013. Le rapport a été rendu public le 23 janvier 2014 et est disponible dans la section Rapports/Études du site.

Quelles sont les conclusions du rapport de la commission d’enquête?

La commission d’enquête juge que le projet répond à un besoin et qu’il est acceptable d’un point de vue économique, social et écologique. C’est en ces termes qu’elle s’est exprimée dans son rapport que nous avons reçu avec satisfaction. Il s’agit d’une analyse très étoffée qui, à terme, permettra d’améliorer encore davantage le projet. Quiconque a suivi les audiences publiques, puis consulté les mémoires et documents déposés auprès de la Commission d’enquête du BAPE conviendra de la rigueur et de la qualité de l’exercice qui s’est penché sur tous les aspects, autant techniques qu’humains, et toutes les phases du projet, de la planification à la construction jusqu’à l’opération et la distribution.

Est-ce que l’avis du BAPE pourrait avoir des impacts sur le projet?

Nous considérons avec attention l’analyse et les avis de la commission d’enquête du BAPE. Notre démarche s’est toujours faite dans un esprit d’ouverture, de dialogue et de collaboration, et ce, depuis le début du projet. C’est avec cette même attitude que nous abordons les avis formulés dans le rapport de la commission d’enquête du BAPE.

Quelles sont les étapes suivantes dans l’évaluation environnementale du projet?

S’appuyant sur le rapport de la commission d’enquête du BAPE et sur l’analyse environnementale de son ministère, le ministre du MDDEFP a fait sa recommandation au Conseil des ministres qui a adopté le décret autorisant la réalisation du projet d’usine d’engrais le 26 mars 2014. Il a été publié dans la Gazette officielle du Québec le 16 avril 2014.

Maintenant IFFCO Canada devra obtenir, au cours des prochains mois, plusieurs certificats d’autorisation environnementaux spécifiques afin de pouvoir construire et opérer l’usine.